Textes de "Maleine, as-tu tes règles ?"
La chambre de ma Grand’mère
Ma Grand’mère, un peu sourde pourtant, surveillait, de sa chambre au premier étage, tous les bruits de la maison. Jeunes adultes quand nous venions passer le WE à la maison, nous prenions le petit déjeuner avec mes parents et ma Grand’mère, elle, le prenait au lit. Après sa toilette elle avait pris l’habitude de nous héler pour nous inviter un par un à monter la voir dans sa chambre. I l y avait un rituel, en ce qui me concerne, je m’asseyais sur la petite chaise noire, ouvragée avec des filets dorés et nous discutions du cours de nos vies ; ce pouvait être un moment intéressant d’échanges de toutes sortes ; l’un d’entre nous, une pièce rapportée, appelait cela le confessionnal !
La petite chaise
Ma Grand’mère aimait à m’entretenir de mes joies et mes peines ; avant de s’asseoir sur le lit, elle me montrait des articles découpés dans des revues, nous les commentions ; nous parlions de l’invasion de Budapest, (aucun de nous ce jour là n’eut le droit d’aller à la fête prévue au restaurant, en signe de soutien à l’insurrection hongroise), de la guerre entre Egypte et Israël, (déjà,), des Citoyens du Monde dont elle était ; nous discutions de la réincarnation, de tout un tas de préoccupations qui nous étaient communes ; puis ma Grand’mère s’asseyait sur son lit et me laissait parler du lycée, de mes copines, et moi, assise sur La Petite Chaise, j’avais des moments de bonheur .
la petite chaise, noire, cannée, moulurée avec des filets d’or défraîchis est maintenant à la tête de mon lit, encore plus défraîchie mais solide !